kery james banlieusard live

Dans ce contexte, Kery James évoque son parcours personnel, en usant d’images frappantes pour décrire une contre-société, en guérilla larvée dans des territoires abandonnés par la Nation : « On ne s’intègre pas dans le rejet, ». La diversité du vote des périurbains en 2012, Le mouvement homosexuel français face aux stratégies identitaires, La “banlieue” des journalistes : les dessous d’un lieu commun, Construire l’identité par la pratique des lieux, Penser l’espace comme dimension de la société. Banlieusards; Théâtre; A.C.E.S; Albums; Shop; Feat. Après avoir sorti sa réédition Tu vois J'RAP encore, réalisé le film Banlieusards disponible sur Netflix et dévoilé ce mercredi le clip poignant de Rester en vie, Kery James est définitivement de retour sur le devant de la scène.. Ainsi, seul celui qui s’écarte de la norme dominante, pensée tacitement comme universelle, bénéficie généralement d’un qualificatif dépréciatif marquant son « altérité ». URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/eclairage/kery-james-banlieusard, Ressources de géographie pour les enseignants. 2014. Vidéos à découvrir. 5:10. OrelSan! Dans son œuvre, le rappeur Kery James retrouve, en l’inversant, la logique binaire des discours politico-médiatiques lorsqu’ils se laissent aller à la facilité de la stigmatisation socio-territoriale (Wacquant, 1992 ; Gintrac et Mekdjian, 2014). )), ((Comme le souligne Jérémy Robine : « La moitié des Français vivent [selon les statistiques de l’Insee] en banlieue. depuis le mois d’avril de la même année, témoigne de la prégnance des réappropriations du référent identitaire « banlieusard », en dépit (mais aussi en raison même) de sa dépréciation, comme « support spatial symbolique » d’une construction identitaire (Brun, 2016 [1983], p. 62-63)((Réfléchissant, au début des années 1980, au concept de « territorialisation » dans le cadre du séminaire de la rue d’Ulm de Marcel Roncayolo, éminent spécialiste de géographie urbaine, son élève Jacques Brun (Brun, 2016 [1983]) évoque la possibilité que certaines « représentations collectives » d’un territoire soient conduites à « acquérir assez de force pour s’affranchir, à la limite, de leur base matérielle », au point que le « support spatial symbolique » de ces représentations devienne « territoire imaginaire ». Téléchargeable. Jérémy Robine insiste, de son côté, moins sur les effets de différenciation juridique engendrés par les politiques de la ville que sur les ambiguïtés sémantiques des objectifs mêmes assignés à ces politiques, en affirmant que « l’unité des banlieues à problèmes n’existe […] qu’au travers de cette représentation qu’elles pos[ent] et de l’existence d’une politique publique dédiée à sa résolution » (Robine, 2013, p. 132 ; Robine, 2016). Substituer des territoires à des acteurs, ou plutôt compartimenter les acteurs par zones territoriales selon tel ou tel critère discriminant, est plus que tentant pour lire le monde social, dans la mesure où la démarche a le mérite de la clarté et de la lisibilité. Article dans une revue étudiante, qui reprend en substance l’argumentation de la précédente communication : Burgel, Élias. "Tu devrais écrire des … Dans son actualité artistique récente, le rappeur orlysien Kery James((Alix Mathurin, alias Kery James, est né en Guadeloupe en 1977, de parents haïtiens. Genres. feat. )), ou encore par la convocation d’images-stigmates comme, par exemple, le grand ensemble. Kery James olympia-28 décembre 77. oussou75. Cependant, lorsqu’on parle des “banlieues”, ce ne sont pas eux que l’on évoque […]. 8:15. (Noiriel, 2006.))). 2013. 8:15. Alors que le compte à rebours est lancé Kery James dévoile avec fierté l'affiche de son film. «. Kery y dénonce la volonté de monter une France contre une autre à des fins politiques. Dans ces deux chansons, la dichotomie banlieusard / non-banlieusard est plutôt employée pour exprimer des antagonismes strictement socio-économiques. Elle s’accompagne de nombreux « effets de réel », qui s’appuient sur la figure du « lâcher de noms » (name dropping), c’est-à-dire la mention de toponymes réels, généralement dépréciés symboliquement.)) À suivre. À suivre. Audio. BLUES. J’ai grandi à Orly dans les favelas de France, )), ((Évoquant le « rapport parfois insidieux entre les médias et le pouvoir politique et tendancieux entre le médias et le pouvoir financier », ce site se veut un « média alternatif, indépendant et sérieux dans lequel l’information est traitée avec un point de vue différent ». «. Envoyé par son père avec sa mère et sa sour en France, il effectue le début de sa scolarité dans les Yvelines et est placé dans une famille d'accueil, sa mère devant travailler les samedi & dimanche.Les débuts avec … Bibliothèque. 2006. Clique TV. Selon Loïc Wacquant, l’usage du terme « ghetto » pour décrire la situation des zones urbaines françaises les plus défavorisées depuis les années 1980 mêle ainsi « confusion conceptuelle et amnésie historique », puisqu’il conduit à mettre sur le même plan les résultats d'une « ségrégation involontaire », résultant en premier lieu d’inégalités économiques et de solidarités migratoires, et ceux d’une « ségrégation [raciale] volontaire » caractéristique du ghetto dans son acception restreinte (Wacquant, 2005, p.16-17). ((Pour prendre un exemple récent, on peut penser à l’interprétation spatialisante qui fut très rapidement employée pour expliquer les attentats parisiens de janvier 2015. ️ youtu.be/VsGkZEC2cVs. La pièce, qui a également été représentée dans toute l’Île-de-France et dans le reste du pays, vient de connaître une édition chez Actes Sud (Kery James, 2017). )), ((Pour « inverser le sens de l’étonnement » et de la catégorisation de l’ « altérité », Nicolas Jounin conduit, lors de promenades sociologiques, des étudiant.e.s de Seine-Saint-Denis dans les « beaux quartiers » ou « quartiers bourgeois » parisiens (Jounin 2016). Ahmed Sparrow a des reproches à faire à Kery James - Clique - CANAL+. Réapproprié dans des œuvres artistiques (textes, musique et pièce de théâtre), le stigmate spatio-symbolique est retourné pour devenir le support d'un militantisme politique et social, mais aussi pour servir les exigences artistiques propres au genre du rap, au risque de véhiculer une représentation simpliste du monde social. D’une part, celles-ci n’hésitent plus à louer les qualités littéraires de certaines chansons, comme en témoignent par exemple les articles de l’essayiste Thomas Ravier sur le rappeur Booba publiés dans la Nouvelle Revue française (Ravier, 2003 ; Ravier, 2012). il y a 13 ans | 2.4K vues. Woh !! double03. )), et une France délaissée, dite « banlieusarde », à laquelle le rappeur s’identifie toujours. Soulaymaan, élève avocat à Paris, réussit brillamment ses études. Autrement dit, il n’existe pas de représentation aussi claire que la carte géographique, « image [plane,] concrète [et] stabilisée » construite, mentalement ou matériellement, pour lire l’espace (Palsky, 2004), qui soit susceptible de donner à voir une société, notamment dans la fluidité de ses groupes sociaux. La pièce met en scène la joute oratoire entre deux jeunes avocats, que tout oppose socialement, lors du concours d’éloquence de la Petite Conférence de l’École du barreau de Paris. Se connecter. Source : Le Monde, 20 janvier 2015. Il est vrai que le rappeur originaire de Guadeloupe accuse la France des injustices. il y a 13 ans | 2.4K vues. D’autre part, celles-ci n’hésitent plus à en faire une documentation de premier choix dans une perspective de sciences sociales, comme l’illustre par exemple la thèse de géographie, récemment soutenue, de Séverin Guillard (Guillard, 2016). Plumauzille, Clyde et Rossigneux-Méheust, Mathilde. Kery James - Rester en vie [Clip Officiel] - Full HD (BANLIEUSARDS… Au milieu des années 2000, Joël Roman met déjà en avant l’existence de cette vision binaire chez ceux qu’il nomme, sans remettre en question cette appellation, « jeunes de banlieue » (Roman 2013 [2007]))), ((Les études sur les stigmatisations raciales montrent que les processus d’identification ne sont « ni symétriques, ni équivalents », dans la mesure où le « majoritaire (celui qui majore sa position) se pense [et réussit à être pensé] comme le référent universel et par rapport auquel s’ordonne la hiérarchie des Autres » (Poiret, 2011). Sa vocation pour le rap se développe à l’adolescence, au fil d’ateliers d’écriture organisés par la Maison des jeunes et de la culture (MJC) d’Orly, animés, entre autres, par le rappeur franco-sénégalais MC Solaar. Quelques remarques à propos du texte de M. Roncayolo », p. 61-66, Fassin, Didier. On n'est pas condamné à l'échec, voilà l'chant des combattants Banlieusard et fier de l'être, j'ai écrit l'hymne des battants Ceux qui n'font pas toujours ce qu'on attend d'eux Qui n'disent pas toujours c'que l'on veut entendre … «. ». Kery James - Banlieusards lyrics. Source de l'illustration : Dmdstyle, sous licence CC Attribution 3.0. 130).)). L’œuvre du rappeur Kery James, qui annonce la parution d’une autobiographie intitulée Banlieusard et fier de lettres à l’automne 2017 tout en ayant lancé le site d’information LeBanlieusard.fr ((Évoquant le « rapport parfois insidieux entre les médias et le pouvoir politique et tendancieux entre le médias et le pouvoir financier », ce site se veut un « média alternatif, indépendant et sérieux dans lequel l’information est traitée avec un point de vue différent ». La thématique de l’agôn est la suivante : « L’État est-il le seul responsable dans la situation actuelle des banlieues en France ? Comme le souligne Guy Di Méo, « si la société se perçoit difficilement derrière les individus qui la composent, le territoire, lui, se cartographie et se borne » (Di Méo, 2002, p. 178). Comme le montre la devise « L’information par nous, pour tous », le projet vise à donner voix aux « banlieusards », cependant sans esprit de fermeture. 2007. Le mélancolique. On n'est pas condamne à l'échec, voilà l'chant des combattants Banlieusard et fier de l'être, j'ai écrit l'hymne des battants Ceux qui n'font pas toujours ce qu'on attend d'eux Qui n'disent pas toujours c'que l'on veut entendre d'eux Parce que la vie est un combat pour ceux … Construire un concept sociologique, Lutter contre les violences policières n’est pas que le combat des Noirs et des Arabes, La Banlieue : géosymbole de l’exclusion sociale et urbaine, "Banlieusard et fier de l’être" : Kery James, ou le retournement "à vif" du stigmate spatio-symbolique. D’une manière générale, l’opposition entre les « deux France » qui structure l’œuvre du rappeur Kery James s’exprime donc de manière spatio-symbolique, en raison de la référence permanente((La plupart du temps, cette référence est indirecte puisqu’insinuée par le terme « banlieusard », dont la version extensive est le génitif « de banlieue ». On peut cependant se contenter de suggérer que les « politiques de la ville », à la collusion des discours médiatico-politiques et des savoirs administratifs ou sciences d’État, jouent un rôle dans le pôle de l’« assignation » comme dans celui de l’« objectivation ». Kery James s'autoproclame poète, il dit maîtriser la langue de Molière et l'utilise comme un butin de guerre afin d'exprimer ses idées. Kerry James en live avec "Vivre ou mourir ensemble" - Clique - CANAL+. … « Intériorisé[e] dans des schèmes de perception » (Ripoll, 2012, p. 121), cette « mise en espace du social » semble, à l’exemple du stigmate « banlieusard », avoir connu une diffusion du sommet à la base de la pyramide sociale, des stigmatiseurs aux stigmatisés, selon des modalités et des rythmes qui demeurent à étudier dans une perspective historique((L’enjeu est celui d’une « histoire contextualisée de la production, de la réception et de la perception des stigmates » (Plumauzille et Rossigneux-Méheust, 2014, p. 218))). 2011 [2e édition]. La création de ce site, en pleine campagne des élections présidentielles, fait suite à la publication d’une tribune par Kery James dans le journal, ((Réfléchissant, au début des années 1980, au concept de « territorialisation » dans le cadre du séminaire de la rue d’Ulm de Marcel Roncayolo, éminent spécialiste de géographie urbaine, son élève Jacques Brun (Brun, 2016 [1983]) évoque la possibilité que certaines « représentations collectives » d’un territoire soient conduites à « acquérir assez de force pour s’affranchir, à la limite, de leur base matérielle », au point que le « support spatial symbolique » de ces représentations devienne « territoire imaginaire ». [consulté en septembre 2017])). Lecture hors ligne. Invités de renoms au rendez-vous… Le rappeur, ancré dans le paysage musical français depuis une trentaine d’années, revient sur scène avec une nouvelle tournée : Le Banlieusards … Tony. « Problème des banlieues : de quoi parle-t-on ? … Album À l'ombre du Show business. 2008. Vidéos Banlieusards. Retour sur la campagne présidentielle de 2007, Sous les cartes, des habitants. Des auteurs s’attachent ainsi à souligner le rôle primordial de l’État dans la fabrique d’un stigmate spatio-symbolique « banlieusard », en critiquant tout particulièrement les « politiques de la ville » (Kirzbaum et al., 2015), accusées de renforcer le « problème des banlieues » ou « crise des banlieues » (Stébé, 2010) plutôt que d’y apporter des solutions objectives. KERY JAMES - Banlieusards… ))), ((Le cas de la médiatisation de l’« affaire Benzema » à l’automne et à l’hiver 2015 est, à cet égard, exemplaire (Beaud et Oualhaci, 2016). Source : ((Un troisième pôle étant celui de l’ « objectivation », dont il ne convient pas de parler dans un cadre aussi restreint. Ripoll, Fabrice et Rivière, Jean. Dans "Banlieusards", Kery James affiche une banlieue plus humaine. Il reste moins d'un mois avant la sortie du premier long-métrage de Kery James. Paroles de la chanson Banlieusards par Kery James. Son chemin croise celui de Lisa face à laquelle il débat sur la responsabilité de l’État dans la situation actuelle des banlieues lors de la finale d’un célèbre concours … En effet, lors de ses vœux à la presse du 20 janvier, soit quelques jours seulement après les attentats, le Premier ministre de l’époque, Manuel Valls, évoque un « apartheid territorial, social [et] ethnique ». Ce que racialiser veut dire », p. 147-172, Gintrac, Cécile et Mekdjian, Sarah. La pièce « À vif » du rappeur Kery James, représentée au théâtre du Rond-Point à Paris, invite à une réflexion géographique sur l’emploi récurrent, dans les textes de l'auteur, de l’épithète « banlieusard ». Avec Kery James, Jammeh Diangana, Bakary Diombera, Chloé Jouannet, Produit par Les Films du Fleuve, Srab Films, Les Films Velvet, Kery James site officiel © 2019 Tous droits réservés |. )), ((L’enjeu est celui d’une « histoire contextualisée de la production, de la réception et de la perception des stigmates » (Plumauzille et Rossigneux-Méheust, 2014, p. 218))), ((Ce « renversement positif des identités infâmantes », qui permet de « valoriser l’identité à l’origine de l’exclusion [pour] donner un contenu positif à cette spécificité », tout en favorisant la mobilisation et la formation d’une conscience de groupe (Roussel 1995), a été particulièrement bien analysé pour le mouvement LGBT (Broqua 2006). "Banlieusard et fier de l’être" : Kery James, ou le retournement "à vif" du stigmate spatio-symbolique, - École normale supérieure de Paris (ENS Ulm), ((Jouée au Théâtre du Rond-Point entre le 10 et le 28 janvier 2017, la pièce a été reconduite du 12 septembre au 1er octobre de la même année, en raison de son succès. 2005. Ajouter a mes favoris Mp3 gratuit - Télécharger. NTMVEVO 37,717,486 views Banlieusards. )), cette démarche n’en conduit pas moins à demeurer tributaire d’éléments de langage, qui sous-tendent une perception de la société jamais remise en cause. Le risque est toutefois grand de passer à côté des revendications identitaires qui se greffent sur la construction de ce stigmate spatio-symbolique, dans la mesure où toute construction identitaire oscille très largement, lorsqu’elle se cristallise (et donc prend racine), entre les deux pôles primordiaux de l’« assignation » et de la « reconnaissance », comme le rappelle Didier Fassin (Fassin, 2010)((Un troisième pôle étant celui de l’ « objectivation », dont il ne convient pas de parler dans un cadre aussi restreint. Sur la base d'une « mise en espace » du social (Gintrac et Mekdjian, 2014, p. 236), l’opposition France banlieusarde / France non-banlieusarde ou, pour nommer la seconde, France des banlieues / France des beaux quartiers((Pour « inverser le sens de l’étonnement » et de la catégorisation de l’ « altérité », Nicolas Jounin conduit, lors de promenades sociologiques, des étudiant.e.s de Seine-Saint-Denis dans les « beaux quartiers » ou « quartiers bourgeois » parisiens (Jounin 2016). Le cas de la métropole lilloise (2000-2009), Le hip-hop comme élément identitaire dans le 9-3, Le stigmate ou la "différence" comme catégorie utile d’analyse historique, Les processus d’ethnicisation et de raci(ali)sation dans la France contemporaine : Africains, Ultramarins et “Noirs”, La ville dense comme seul espace légitime. Ainsi la triade identitaire « noir, musulman, banlieusard », dont le rappeur se revendique avec fierté dans ce même morceau, est-elle tacitement considérée comme le contre-modèle, minoritaire et persécuté, d'un ensemble identitaire dominant au sein de la société française, l’espace constituant symboliquement la « dimension du social » (Veschambre, 2006) où s’exprime avec prédilection la séparation radicale entre « deux France ». Ainsi qu’invite à le faire l’auteur (Guillard, 2016, 2017), il conviendrait alors de compléter l’analyse de l’ « imaginaire géographique » de Kery James par celle de sa pratique des « scènes musicales » (ensembles de normes artistiques en vigueur dans un contexte social et dans un cadre spatial donnés), en étant notamment attentif à la spatialité de ses interventions artistiques. Le propos semble pouvoir aisément se transposer à la question qui nous intéresse.)). D’une part, celles-ci n’hésitent plus à louer les qualités littéraires de certaines chansons, comme en témoignent par exemple les articles de l’essayiste Thomas Ravier sur le rappeur Booba publiés dans la, ((Pour Richard Hoggart (Hoggart, 1970 [1957]), cette vision duale du monde social est emblématique des classes populaires. Les banlieusards se reconnaissent en lui et savent qu'il les comprend en raison de ses origines sociales. )), ((La plupart du temps, cette référence est indirecte puisqu’insinuée par le terme « banlieusard », dont la version extensive est le génitif « de banlieue ». S'inscrire. à une « banlieue » abstraite et essentialisée, toponyme « vague susceptible de s’appliquer à tout secteur enclavé et à toute population qui s’écarterait de la norme » (Vieillard-Baron, 2006). La création de ce site, en pleine campagne des élections présidentielles, fait suite à la publication d’une tribune par Kery James dans le journal Le Monde en février 2017 pour dénoncer les violences policières. Dans Banlieusards (2008) et Zyed et Bouna (2015) – hommage musical diffusé sur YouTube dans une version inachevée, dix ans après la mort tragique des deux adolescents –, la « bipolarisation sociale » semble cependant plus nuancée, même si la thématique des « deux France » est omniprésente, comme en témoigne un extrait du premier titre : « Parce qu’à ce jour y’a deux France, qui peut le nier ? Souvent rattachée au courant du « rap conscient », sa musique évoque les inégalités, les discriminations et les aspects multiformes de la violence sociale en général. Clique TV. Je me suis mis à l'écriture du scénario de Banlieusards en 2012, car ça fait bientôt 30 ans que je fais de la musique et j’avais envie d’essayer de nouvelles choses et de me lancer des … À cet égard, le rap mérite sans conteste d’être pris au sérieux par les sciences sociales, en particulier la géographie, du fait de la prégnance des représentations territoriales qu’il véhicule : comme le souligne en effet Séverin Guillard, le genre même du rap est indissociable de « revendications spatiales » (Guillard, 2017), qui permettent à l’artiste de remplir un impératif d’authenticité et de représentativité (Béru, 2008). Cette plus grande discrétion analytique est sans doute liée au fait qu’il peut sembler plus légitime, pour le.la chercheur.euse en sciences sociales, de déconstruire les discours dominants que de désenchanter ceux des populations stigmatisées. Signaler. Le spectateur est invité, de manière fort séduisante (le jeu d’acteur étant, en particulier, très poignant, à mi-chemin des codes du théâtre et de ceux de la battle de rap), à osciller entre la thèse et l’antithèse, sans qu’un arbitrage n’ait véritablement lieu – sans, surtout, que les termes du débat ne soient analysés, que ce soit la notion d’ « État », confondue avec celle de dirigeants politiques, mais surtout l’expression « situation actuelle des banlieues en France », qui mêle considérations économiques, religieuses et raciales sur fond d’appartenance territoriale symbolique. De manière surprenante, malgré les précieux enseignements de tous les travaux portant sur la « production institutionnelle » (Plumauzille et Rossigneux-Méheust, 2014, p. 220) du stigmate spatio-symbolique « banlieusard », le processus de retournement du stigmate, théorisé par les travaux les plus emblématiques de l’interactionnisme symbolique (Goffman, 1975 [1963]), est – sauf exceptions notables (Lepoutre, 1997 ; Piolet, 2016) – très rarement évoqué, si bien que l’analyse peut, en un sens, sembler souvent assez misérabiliste (Grignon et Passeron, 2015 [1989]) dans sa description univoque d’une violence symbolique, certes indéniable, des institutions médiatiques et politiques. ». Banlieusards (Bande-annonce) Plus d'infos. 132).)). Les critiques des discours médiatiques, inspirées des travaux de Patrick Champagne (Champagne, 2015 [1990]), mettent tout d’abord en évidence la production durable d’un « lieu commun journalistique » ou « banlieue du 20 heures » à partir d’une ethnologie du travail journalistique (Berthaut, 2008 ; Berthaut, 2013 ; Sedel, 2013 ; Sedel, 2014) ou d’une analyse de corpus documentaires médiatiques (Rivière et Tissot, 2007 ; Gaudin, 2015). 85. KERY JAMES… « “La Banlieue, c’est pas rose…” : penser “la Banlieue” après les attentats de janvier 2015 ». « Ni race ni racisme. Trois frères issus d’une banlieue sensible de la région parisienne. Ce processus est bien connu puisque de nombreuses études, à mi-chemin de la sociologie critique et de la géographie sociale, insistent sur la construction du stigmate « banlieusard » comme identité assignée à distance, pour reprendre une expression prisée de la « socio-histoire » de Gérard Noiriel((S’inspirant de la sociologie de Norbert Élias, Gérard Noiriel s’intéresse aux « liens à distance » et aux « moyens d’action à distance » qui s’exercent entre les individus, par l’intermédiaire des médias ou des normes juridiques, par exemple. L’article montre que cette revendication d’une appartenance spatiale, qui repose sur l’essentialisation d’une catégorie territoriale, « la banlieue », structure une représentation binaire de la société française et de sa conflictualité. Description. 2014. Vidéos à découvrir. Au milieu des années 2000, Joël Roman met déjà en avant l’existence de cette vision binaire chez ceux qu’il nomme, sans remettre en question cette appellation, « jeunes de banlieue » (Roman 2013 [2007]))), qui voit se confronter une France privilégiée, que le rappeur ne nomme jamais((Les études sur les stigmatisations raciales montrent que les processus d’identification ne sont « ni symétriques, ni équivalents », dans la mesure où le « majoritaire (celui qui majore sa position) se pense [et réussit à être pensé] comme le référent universel et par rapport auquel s’ordonne la hiérarchie des Autres » (Poiret, 2011). C’est le premier film écrit et co-réalisé par le rappeur. L’auteur pense au cas des sociétés diasporiques, dont la patrie d’origine peut parfois devenir un référent identitaire dénué de matérialité, par exemple lorsque les mobilités entre la patrie d’accueil et celle-ci s’amenuisent au fil des générations. ». du groupe territorialisé en tant que totalité unifiée, au-delà même de ses diversités et de ses clivages réels » (Di Méo, 2002, p. 178). 2010. » (Robine, 2013, p. En ce sens, Kery James est un « mauvais rappeur », c’est-à-dire un rappeur considéré comme peu fréquentable par les médias mainstream, puisqu’il évoque des sujets controversés (Béru, 2008). / Est-ce que les Français ont les dirigeants qu’ils méritent? À cet égard, l’évolution de l’État social français aurait connu, selon Renaud Epstein, une « radicalisation et une racialisation jacobine » suite aux émeutes de 2005, en raison de la transposition d’une vision « néoconservatrice » dans les politiques publiques dédiées à la ville (Epstein, 2016, p. 3).

Mercedes 4x4 2018 Prix, Culture Gastronomique Argentine, Poisson Africain Recette, Poeme Anonyme Sur L'amour, Comment Devenir Un Beau Parleur, Commandant Divisionnaire Ef, Comment Calculer Un Pourcentage Par Rapport à Un Chiffre, Grand Capelet Hôtel, Corridor Du Littoral, Flixbus Italia Francia, Le Tanneur Paris,